A TRIBUTE TO HENRY FONDA – du 22 mai au 15 juillet à l’Institut Lumière

Après une rétrospective consacrée au Cinéma Russe, l‘Institut Lumière redouble d’audace et de goût avec une nouvelle programmation: un hommage à l’homme et à l’acteur, Henry Fonda.

30 ans après sa mort, hommage à l’un des plus grands acteurs hollywoodiens, Henry Fonda (1905-1982). S’il joua dans plus de 100 films, il resta encore pour le peuple américain l’incarnation de l’homme bon et droit, épris de justice, qui se place du côté des exclus. Le public de son pays acceptera mal d’ailleurs de le voir en tueur dans Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone (1968).
Acteur investi, c’est lui qui produisit Douze hommes en colère de Sidney Lumet (1957), chef-d’oeuvre du film de procès et réquisitoire implacable pour la justice. Le rôle de sa vie reste certainement le Tom Joad des Les Raisins de la colère de John Ford (1940).

A travers cet acteur de légende plusieurs genres seront à l’honneur : la comédie, le western, le road-movie, le policier avec une programmation s’étalant sur deux mois.  La soirée d’ouverture aura lieu mardi 22 mai à 21H et pour entamer ce nouveau cycle, Un Faux Coupable d’Alfred Hitchcock sera diffusé. Michel Cieutat, critique à « Positif » et collaborateur de « CinémAction » animera mercredi 6 juin une Conférence sur le cinéma de Fonda « Henry Fonda ou l’Amérique de la lucidité »

Quelques grands films de la rétrospective :

Douze hommes en colère
de Sidney Lumet. Avec Henry Fonda, Lee J. Cobb, Martin Balsam, E.G. Marshall. Scénario de Reginald Rose d’après son scénario écrit pour la télévision. Photographie de Boris Kaufman.
Twelve Angry Men > Etats-Unis > 1957 > 1h36 > N&B

Douze jurés doivent décider du sort d’un jeune homme accusé d’avoir assassiné son père. L’un d’entre eux remet en cause la culpabilité de l’accusé qui semble acquise à tous… Unique production de Fonda, ce film – un échec commercial à sa sortie – reste aujourd’hui l’un des plus beaux de l’histoire du cinéma. Roger Tailleur (Positif) :

« Henry Fonda incarne idéalement l’oeuvre elle-même, dont il s’est fait le producteur, l’interprète décisif, et, tout autour du monde, le commis-voyageur. Il donne au juré n°8, don-quichottesque minoritaire triomphant par le simple usage tenace et réfléchi de la raison, son beau visage humain, son rayonnement moral, son talent unique, capable, par sa seule force, de briller secrètement jusqu’au sein des plus mornes contextes. Il est, et le film avec lui, cette combinaison précieuse de l’intelligence et de la générosité. »

Di 24/06 à 18h15 | Me 27/06 à 19h | Sa 30/06 à 18h30 | Di 1er/07 à 17h


Il était une fois dans l’Ouest
de Sergio Leone. Avec Henry Fonda, Claudia Cardinale, Jason Robards, Charles Bronson. Scénario de Sergio Leone et Sergio Donati d’après une histoire de Dario Argento, Bernardo Bertolucci et Sergio Leone. Photographie de Tonino Delli Colli. Musique d’Ennio Morricone.
Once Upon a Time in the West / C’era una volta il West > Italie/États-Unis > 1968 > 2h50 > Couleur

Un inconnu, joueur d’harmonica, est attaqué par des bandits dans une gare de l’Ouest. Il les tue. Frank, l’homme de main de Morton, fait assassiner le fermier McBain et ses enfants…
Le cinéaste confie à Henry Fonda son premier rôle à contre-emploi. La période, avec notamment la Guerre du Vietnam et le Watergate, remettait en cause l’American Way of Life, et nombre d’acteurs tendaient à incarner cette mouvance – Bronson, Eastwood, ou Lee Marvin – et « le public l’acceptait, car ils avaient la gueule de l’emploi. Mais pas Fonda. L’idée maîtresse de Sergio Leone de faire s’approcher Fonda vers la caméra une fois seulement après qu’il eut massacré une famille entière dont un enfant de huit ans, n’a jamais été accepté aux USA et le film y fut un échec retentissant. » (Michel Cieutat)
Copie restaurée. Version anglaise sous-titrée en français.

Ma 12/06 à 20h Présenté par Fabrice Calzettoni; Je 14/06 à 20h30 | Sa 16/06 à 20h45 | Di 17/06 à 18h15

Les Raisins de la colère
de John Ford. Avec Henry Fonda, Jane Darwell, John Carradine, Charley Grapewin. Scénario de Nunnally Johnson d’après John Steinbeck. Photographie de Gregg Toland. Musique d’Alfred Newman.
Grapes of Wrath > Etats-Unis > 1940 > 2h10 > N&B

Oklahoma, début des années 1930. Après quatre ans d’incarcération, Tom Joad rejoint la ferme familiale. En pleine crise économique, le clan Joad doit prendre la
route de la Californie…
Après Vers sa destinée et Sur la piste des Mohawks en 1939, il s’agit de la troisième collaboration entre John Ford et Henry Fonda. L’acteur avait beaucoup d’admiration pour John Steinbeck. Quand il lut le scénario, il voulut à tout prix le rôle. Joseph McBride (A la recherche de John Ford, Institut Lumière/ Actes Sud) : « Fonda accepta un contrat de sept ans avec la Fox pour pouvoir jouer Tom Joad, ce qui lui valut de se retrouver dans une série de films pour la plupart oubliables. Mais son Tom Joad, qui combine une rage animale avec la générosité la plus désintéressée, reste l’interprétation de sa vie. » Ce rôle le fait entrer dans la légende de l’Amérique, celle de son cinéma comme celle de son Histoire. Vingt-cinq ans plus tard, John Steinbeck reverra le film et évoquera ainsi l’interprétation de Fonda : « Voilà qu’un être maigre, tout en muscles, avec un visage noir – de l’électricité en mouvement – se déplaça sur l’écran. J’étais subjugué. »

Je 31/05 à 21h | Ve 1er/06 à 21h | Sa 2/06 à 20h30 | Di 3/06 à 14h30

Mon nom est Personne
de Tonino Valerii avec la collaboration de Sergio Leone. Avec Henry Fonda, Terence Hill, Jean Martin, R.G. Armstrong. Scénario d’Ernesto Gastaldi d’après Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi sur une idée de Sergio Leone. Photographie de Giuseppe Ruzzolini. Musique de Ennio Morricone.
Lonesome Gun / Il Mio nome è Nessuno > Italie/ France/Allemagne > 1973 > 1h57 > Couleur

Légendaire pistolero, Jack Beauregard est décidé à quitter l’Ouest qui a fait sa gloire. Mais Personne, qui porte à Jack une admiration encombrante, souhaite que son héros fasse une sortie digne de lui. Il veut lui faire affronter les hors-la-loi de Sullivan…
Le film testament du genre, supervisé par Sergio Leone, qui voulait faire se rencontrer la figure du western classique (Henry Fonda) et son double italien décadent (Terence Hill). Le rôle du gunfighter fatigué arrive à sa place dans la carrière d’Henry Fonda : après la quinzaine de westerns tournés depuis La Fille du bois maudit (Hathaway, 1936), et avec les plus grands (Ford, Wellman, Lang, Mankiewicz), il abandonna, après Mon nom est Personne, les colts et les grands espaces, n’interprétant plus que des amiraux, des colonels ou des présidents des États-Unis.
Copie restaurée. Version anglaise sous-titrée en français.

Sa 26/05 à 16h30 | Di 27/05 à 16h15 | Lu 28/05 à 17h


L’EPOUVANTABLE VENDREDI revient !

Vendredi 25 mai l’Institut Lumière fait de nouveau place au désormais culte « Epouvantable Vendredi » en partenariat avec AOA Production.

A partir de 20h trois classiques de l’épouvante pure et dure seront proposés : Vendredi 13 , Eden Lake, The Descent avec un hommage en image  à Jason, tueur de Vendredi 13. Une nuit d’épouvante pour spectateurs résistants…

20h, Vendredi 13
De Sean S. Cunningham avec Kevin Bacon, Betsy Palmer, Adrienne King, Harry Crosby, Laurie Bartram. Scénario de Victor Miller. Musique de Harry Manfredini. Maquillages de Tom Savini.
Friday the 13th, Etats-Unis, 1980, 1h36, Couleur

En 1957, un jeune garçon nommé Jason Voorhees meurt noyé au camp de Crystal Lake. En 1980, Steve Christy décide de rouvrir le camp un vendredi 13, jour anniversaire des décès survenus vingt-trois ans auparavant…Se glissant sans attendre sur les traces du succès d’Universal avec le Halloween de John Carpenter, Paramount lance son slasher, Vendredi 13, en n’en confiant la réalisation à Sean S. Cunnigham, le producteur gonflé de La Dernière maison sur la gauche de Wes Craven. Il ne savait pas alors que le succès du film produirait 11 séquelles en créant Jason Voorhees, le tueur au masque de hockey.

22h15, Eden Lake
De James Watkins avec Kelly Reilly, Michael Fassbender, Jack O’Connell, Thomas Turgoose. Scénario de James Watkins. Musique de David Julyan.
Eden Lake, Grande-Bretagne, 2008, 1h31, Couleur

Jenny et son petit ami quittent Londres pour passer un week-end romantique au bord d’un lac. La tranquillité du lieu est perturbée par une bande d’adolescents bruyants et agressifs. À bout de nerfs, le couple leur demande de baisser le son de leur radio…
Imaginez Ken Loach réalisant un film d’horreur ! Filmé de manière clinique et presque documentaire, cette descente aux enfers stigmatisant une jeunesse en perte complète de repères, provoque une tension et un malaise de la même hauteur que Funny Games de Michael Haneke. Pour public très averti.

00h15, The DescentJouissif!
De Neil Marshall avec Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Alex Reid, Saskia Mulder. Scénario de Neil Marshall. Musique de David Julyan.
The Descent, Grande-Bretagne, 2005, 1h40, Couleur

Six femmes se retrouvent piégées dans un système de grottes non cartographié dans les Appalaches et sont pourchassées par des créatures humanoïdes carnivores qui se sont adaptées à leur environnement souterrain…
L’un des grands (et rares) succès commerciaux du cinéma d’horreur et considéré par la critique comme un des meilleurs films d’horreur. Le réalisateur combine brillamment film d’aventures, survival, et Bouh Movie !!! Les séquences situées dans la pénombre presque totale prennent une autre dimension sur le grand écran. A redécouvrir au cinéma donc.

Plein tarif : 7,20€ • Tarif réduit : 5,80€ • Tarif abonnés : 4,50€ • Pass 3 films : 15€
Pour la 3e séance, retrait nécessaire du billet avant 22h.

Cabaret de Bob Fosse (USA, 1972)

On comprend que la réalisation de Cabaret, adaptation cinématographique d’un musical à succès de Broadway, ait été déclinée par Stanley Donen ou Gene Kelly. Car ces icônes enchanteresses de la comédie musicale hollywoodienne se seraient frottées à un récit et un univers anormalement sombres par rapport au cinéma qu’ils font d’accoutumée. En effet, l’action se déroule à Berlin dans les années 1930 et prend ainsi comme toile de fond inquiétante le basculement de cette ville d’arts et de moeurs débridées dans la froideur et la violence du régime nazi. Là, une chanteuse de cabaret américaine expatriée héberge un professeur anglais qu’elle croit homosexuel avant qu’une relation amoureuse débute entre eux et s’ouvre même à un troisième partenaire, un millionnaire troublant qui séduit les deux jeunes gens. Liza Minnelli est délicieuse, inimitable jusque dans la coupe de cheveux et le maquillage qu’elle a elle-même créés avec l’aide de son père, le grand Vincente Minnelli. Et le maître de cérémonie du Kit Kat Klub (Joel Grey), endroit autour duquel gravitent les protagonistes, est toujours montré dans son rôle de meneur de revue, annonçant avec des clins d’oeil de connivence à la caméra que la fête sera bientôt finie. Lire la suite »

Le faux Coupable d’Alfred Hitchcock (USA, 1957)

Au sein de l’œuvre de celui que l’on connaît sous le titre unanimement reconnu de « maître du suspense », Le faux Coupable – comme par exemple la comédie matrimoniale Mr. And Mrs Smith (1941) – peut apparemment être appréhendé comme une « exception ». Le cinéaste tint à ouvrir le film sur ses propres paroles prononcées face caméra, nous annonçant explicitement que cet opus-ci serait différent de ce qu’il avait fait auparavant. Le film restitue effectivement, avec le plus d’exactitude possible, un fait divers : l’arrestation et le jugement d’un joueur de jazz new yorkais pour une série de vols qu’il n’a pas commis. Pour Hitchcock, qui a toujours tenu à ce que ses films soient réalistes, non pas au sens où ils restituent le réel, mais au sens où leur construction permet au spectateur d’expérimenter une autre réalité pensée par lui – Hitchcock – à partir de repères clairement identifiables par tous, la réalisation du Faux Coupable fut un vrai délice. En effet, l’enchaînement des déboires de Christopher Emmanuel Balestrero a beau paraître incroyable, il est rendu plus crédible que n’importe quelle autre intrigue hitcockienne par le simple fait que les évènements aient réellement eu lieu. Bien entendu le cinéaste restitue des faits, et parfois même il met ceux-ci en scène en temps réel, comme dans cette séquence de la vérification d’identité et de la comparaison des écritures, au cours de laquelle ne nous sont épargnés ni le temps que l’accusé met à écrire, ni le crissement monotone du stylo sur le papier. Mais on le sent réjoui à l’idée d’avoir en quelque sorte « les mains libres » en termes de vraisemblance, et de pouvoir ainsi pousser encore un peu plus loin son style, son jeu avec le spectateur, voire le « test moral » auquel il soumet celui-ci… Lire la suite »

Quand passent les Cigognes de Mikhaïl Kalatozov (URSS, 1958)

Cycle « Cinéma Russie » à l’Institut Lumière, du 17 avril au 20 mai : toutes les infos

PALME D’OR AU FESTIVAL DE CANNES 1958

[Critique écrite en 2010]

Quand passent les Cigognes est un film culte et même révolutionnaire (sans jeu de mots) à certains égards. En 1957, Mikhaïl Kalatozov rompt avec le cinéma de propagande soviétique dont il était occasionnellement l’un des faiseurs. Sur fond de « Dégel », le film est l’un des plus grands succès du cinéma soviétique en dehors des frontières de l’URSS, particulièrement en France (5 millions d’entrées), dont il repart avec la Palme d’Or cannoise en 1958. Ici, pas de héros communiste ni d’évènement à portée patriotique, le métrage s’ouvre sur les balades insouciantes de deux jeunes amants moscovites que l’entrée en guerre de 1941 séparera. Le point de départ est bel et bien simple, mais infiniment riche dans ses ressorts dramatiques, qui iront jusqu’à donner au film des allures d’Autant en emporte le Vent soviétique. Les personnages ne sont guère nombreux et pourtant leurs interactions protéiformes façonnent un scénario passionnant de bout en bout, qui mêle avec brio des sujets comme la culpabilité du survivant, le trouble de l’attente, ou encore la dichotomie entre discours officiel ou collectif et réalité individuelle. Lire la suite »

Octobre de Sergueï Eisenstein (URSS, 1927)

Cycle « Cinéma Russie » : à l’Institut Lumière du 17 avril au 20 mai 2012 : toutes les infos

[Article écrit en 2008]

Il y a des soirs comme ça où on se retrouve dans un petit cinéma indépendant caché au fin fond d’une petite ruelle bruxelloise, à regarder un film de propagande soviétiques des années 20. Avec 6 personnes dans la salle, qui de toute façon ne peut guère en accueillir plus, et malgré ça un pianiste qui joue la musique du film rien que pour nous. Pour une expérience hors du commun.

La Russie est définitivement bizarre. Sans doute le seul pays où les autorités sanitaires inventent des normes obligatoires secrètes pour obliger les entreprises non conformes à payer des pots de vin, où des émeutes de buveurs sont provoqués par la réglementation de la Vodka, et où un film comme Octobre de Eisenstein peut être réalisé.

Réalisé sur commande de Staline pour commémorer le dixième anniversaire de la Révolution bolchevik de 1917, Octobre est un ovni cinématographique qui concilie film de propagande et expérimentation psychédélique sous LSD. Alors que l’œuvre précédente de Eisenstein, le Cuirassé Potemkine, avait été connu un succès considérable, Octobre subit l’opprobre des autorités soviétiques, et on comprend aisément pourquoi. Destiné initialement à être un vecteur de propagande pour souder les classes populaires dans l’exaltation du mythe soviétique, le film n’est pas du tout adapté aux masses ilettrées de la Russie paysanne des années 20, la faute à un réalisateur qui profite des moyens quasi illimités mis à sa disposition (certains quartiers de St-Pétersbourg ont été privés d’électricité pour permettre une tension électrique suffisante à l’éclairage des scènes) pour exprimer son génie créatif de façon débridée.

Et si, évidemment, en 1927, ça n’a pas vraiment plu à la Nomenklatura, à l’oeil du cinéphile occidental l’aujourd’hui le film a tout son intérêt. Bien sûr, il a quand même son lot de drapeaux rouges et d’héroïques ouvriers bolcheviks qui se font assassiner par des ordures bourgeoises (dont la femme regarde avec un plaisir mesquin la scène, confortablement installé derrière son ombrelle) et , mais il est surtout une oeuvre cinématographique de premier ordre. Lire la suite »

Projection de LA FAMILLE TENENBAUM de Wes Anderson (USA, 2002)

Le Festival de Cannes est l’évènement culturel le plus médiatisé au monde (source) et celui qu’attendent chaque année les cinéphiles. Les grands cinéastes et les stars en vogue, des milliers de journalistes, de photographes, de producteurs et de distributeurs s’y donnent rendez-vous pendant dix jours, cette année du 16 au 27 mai. Retrouvez l’intégralité de la Sélection Officielle du Festival, dévoilée le jeudi 19 avril : Compétition Officielle, Hors Compétition et Un Certain Regard. Cette année, c’est Wes Anderson qui fera l’ouverture du festival (en Compétition Officielle) avec Moonrise Kingdom, une nouvelle comédie au casting luxueux (Bruce Willis, Tilda Swinton, Edward Norton, Frances McDormand, les « habitués » Bill Murray et Jason Schwartzman, etc.). Le film sortira le même jour dans les salles françaises. Pour terminer notre saison de projections à l’IEP en étant en phase avec cette actualité cinématographique, nous avons le plaisir de vous présenter le film qui a révélé le réalisateur américain au grand public :

LA FAMILLE TENENBAUM

MARDI 24 AVRIL à 18h EN SALLE 304 (BÂTIMENT B)

Durée du film : 1h49

+ courte présentation du Festival de Cannes 2012 par Bobinophile

Avec : Gene Hackman, Angelica Huston, Ben Stiller, Gwyneth Paltrow, Luke Wilson, Owen Wilson, Bill Murray, Danny Glover, Seymour Cassel…

Berlinale 2002 – Compétition Officielle

Chez les Tenenbaum, les enfants ont toujours été des génies. Tout jeunes, Chas (Ben Stiller) était déjà un maître de la finance, Margot (Gwyneth Paltrow) une dramaturge exceptionnelle et Richie (Luke Wilson) un joueur de tennis hors pair. Mais un jour, Etheline (Angelica Huston), leur mère, demande le divorce. Elle ne supporte plus le caractère égoïste de Royal Tenenbaum (Gene Hackman), son mari. Cette crise familiale a une influence négative sur le développement personnel de leurs progénitures.
Vingt ans plus tard, Royal écume les palaces, Etheline s’adonne à l’archéologie, Chas tente d’élever ses deux fils après la mort de son épouse, Richie est un champion déchu et Margot s’est marié avec un psy (Bill Murray). Le père Tenenbaum annonce bientôt à ses enfants qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre. Il souhaite se réconcilier avec eux et s’invite dans la maison familiale en prétextant une grave maladie.

Gene Hackman

De Bottle Rocket (1996) à Fantastic Mr. Fox (2010), Wes Anderson signe selon ses propres mots « des films drôles et tristes, comme la vie ». Au-delà de cette auto-description qui pourrait paraître un brin solennelle, les films de la coqueluche du cinéma indépendant américain dégagent en effet une forme singulière de mélancolie. Celle-ci tient en partie à l’extrême stylisation des mises en scène d’Anderson : les univers y sont dépeints de manière si réglée qu’on saisit très vite – par un effet de décalage sur lequel repose en grande partie l’humour de ces films – à quel point les personnages y sont égarés. Jamais complètement sortis de l’enfance et en même temps en proie à une sorte de spleen existentiel, les héros andersoniens sont des « adulescents » au visage impassible et à la moue inimitable. Dès Bottle Rocket, les frères Owen et Luke Wilson, compagnons d’Anderson sur les bancs de l’Université du Texas, transcendent les dialogues par leur flegme bien particulier. Peu à peu, James L. Brooks (en tant que producteur de Bottle Rocket) puis Bill Murray (acteur fidèle d’Anderson dès Rushmore, 1999) prennent conscience d’un talent qui ne demande qu’à éclater aux yeux de toute la profession. La révélation d’Anderson au grand public ne se fait pas attendre trop longtemps et arrive avec son troisième long, La Famille Tenenbaum, présenté en Compétition Officielle à la Berlinale en 2002. La réunion d’un casting de stars et l’accueil critique enthousiaste ont participé au succès du film en salles, toujours le plus grand du cinéaste à ce jour.

Gwyneth Paltrow, Gene Hackman et Luke Wilson

L’histoire familiale et le grand nombre de personnages traités à importance égale ouvrent au cinéaste (et à son co-scénariste et acteur Owen Wilson) la voie à de délicieuses fantaisies narratives. Les premières minutes du film, où les Tenenbaum nous sont présentés un à un dans toute leur démesure (ils vivent dans une rare opulence, le père s’appelle Royal, les enfants sont tous les trois surdoués), posent les règles d’un univers qu’Anderson maîtrise à la perfection. On relève un détail étrange, on le prend pour un gag passager, alors que l’élément sera rappelé plusieurs fois au cours du métrage, partie intégrante d’un tout d’une cohérence implacable. C’est le paradoxe qui fonde l’oeuvre du réalisateur : l’étrangeté, le décalage et le dérèglement psychologique y sont montrés et narrés avec le plus grand sérieux – avec une forme singulière de stylisation qui passe par la minutie de la composition des plans et la récurrence d’une musique doucement pop-rock. On touche, mine de rien, à l’essence du pince-sans-rire…

Rétrospective Cinéma Russie (Institut Lumière – du 17 avril au 20 mai 2012)

Evénement !

Un parcours à travers les grands classiques du cinéma russe, muets et parlants, de l’âge d’or des années 1920, aux années 1970 dissidentes… De Sergueï Eisenstein à Boris Barnet, de Mikhaïl Kalatozov à Andreï Tarkovski, voyage en cinéma russe autour de 20 films incontournables.

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Les rendez-vous de la rétrospective

Soirée d’ouverture du cycle
Mardi 17 avril
Court métrage Le Pré de Béjine de Sergueï Eisenstein
Suivi de Au bord de la mer bleue de Boris Barnet
Pendant la soirée : présentation d’une sélection de films des frères Lumière tournés en Russie (1896-1899).
Cocktail russe offert à l’issue de la séance !

Conférence « 70 années de cinéma soviétique »
Jeudi 3 mai
Par Joël Chapron, spécialiste du cinéma russe
Suivi de l’unique film russe ayant reçu une Palme d’Or au Festival de Cannes, Quand passent les cigognes (lire une critique sur notre site) de Mikhaïl Kalatozov

Mini festival de films muets accompagnés en direct au piano !
Mercredi 9, jeudi 10 et vendredi 11 mai
La Grève de Sergueï Eisenstein / La Jeune fille au carton à chapeau de Boris Barnet / La Terre d’Alexandre Dovjenko.

Guerre et paix de Sergueï Bondartchouk
L’adaptation du célèbre roman de Tolstoï présentée en intégralité !

Spécial jeune public : festival Garri Bardine
Pour découvrir en famille l’univers poétique et inventif d’un grand nom de l’animation russe, créateur de l’incroyable Nounou.

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Les films de la rétrospective

Cinéma muet

Octobre

La Grève de Sergueï Eisenstein (1925)
Le Cuirassé Potemkine de Sergueï Eisenstein (1925)
La Jeune fille au carton à chapeau de Boris Barnet (1927)
La Fin de Saint Pétersbourg de Vsevolod Poudovkine (1927)
Octobre de Sergueï Eisenstein (1927) => lire une critique sur notre site
L’Homme à la caméra de Dziga Vertov (1929)
La Nouvelle Babylone de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg (1929)
La Terre d’Alexandre Dovjenko (1930)

Cinéma parlant

Quand passent les Cigognes

Au bord de la mer bleue de Boris Barnet (1936)
Le Pré de Béjine de Sergueï Eisenstein (1935, court-métrage)
Ivan le terrible de Sergueï Eisenstein (1944)
Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov (1957) => lire une critique sur notre site
La Ballade du soldat de Grigori Tchoukraï (1959)
Guerre et paix de Sergueï Bondartchouk (1965-1967)
Le Bonheur d’Assia d’Andreï Konchalovsky (1966)
5 courts métrages burlesques de Mikhaïl Kobakhidze (1961-1969)
Il était une fois un merle chanteur d’Otar Iosseliani (1970)
Solaris d’Andreï Tarkovski (1971)
Partition inachevée pour piano mécanique de Nikita Mikhalkov (1976)

Saisissez cette occasion de (re)découvrir sur grand écran quelques uns des plus grands classiques de l’une des cinématographies les plus stimulantes du monde. Réservez d’ores et déjà vos places pour les séances spéciales aux caisses de l’Institut Lumière ou sur son site web.

Bons films !

Projection du PETIT SOLDAT de Jean-Luc Godard (France, 1960)

L’année touche à sa fin, et il ne vous reste que quelques occasions pour profiter des projections qu’organise Bobinophile à l’IEP, alors saisissez-les !

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LE PETIT SOLDAT

MARDI 17 AVRIL à 18h EN SALLE 304 (BÂTIMENT B)

Durée : 1h24 + intervention de Lahouari Addi en fin de projection

Avec Michel Subor et Anna Karina

Dans son premier film politique qui s’implante au coeur de la guerre d’Algérie, en 1958, Jean-Luc Godard raconte le cauchemar de Bruno Forestier, petit tueur à la solde de l’OAS, qui, tout à coup et sans raison apparente, hésite à honorer un contrat. Ses amis le soupçonnent alors de mener un double jeu, et pour le tester, lui ordonnent d’assassiner un journaliste…

Bien que tourné dès 1960, ce film ne sera diffusé qu’à partir de 1963 car censuré jusque-là à cause de la situation en Algérie, de la présentation d’un déserteur et de la dénonciation de la torture.

Louis Terrenoire, ministre de l’Information de l’époque :

« 1/ Que ces tortures soient appliqués par des agents du FLN ne saurait modifier le jugement qui doit être porté contre ces pratiques et contre leurs représentations à l’écran.
2/ À un moment où toute la jeunesse française est appelée à servir et à combattre en Algérie, il paraît difficilement possible d’admettre que le comportement contraire soit exposé, illustré et finalement justifié. Le fait que le personnage se soit paradoxalement engagé dans une action contre-terroriste ne change rien au problème.
3/ Les paroles prêtées à une protagoniste du film et par lesquelles l’action de la France et en Algérie est présentée comme dépourvue d’idéal, alors que la cause de la rébellion est défendue et exaltée, constituent à elles seules, dans les circonstances actuelles, un motif d’interdiction. »

Pour mettre en relief cette projection, Lahouari Addi – professeur de sociologie à l’Institut d’études politiques de Lyon, chercheur au Centre d’études et de recherches de l’Institut d’études politiques, et au Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient – interviendra à la suite de la projection. Vous pourrez évidemment en profiter pour intervenir et réagir à votre tour.

FESTIVAL « CINÉMAS DU SUD » – Institut Lumière Du 12 au 15 Avril

Bobinophile sera en première ligne pour vous conter le Festival Cinéma du Sud organisé par Regard Sud et l’Institut Lumière :

Cette 12e édition, parrainée par la cinéaste tunisienne Raja Amari (Satin rouge, Les Secrets), en présence d’invités, mettra à l’honneur le cinéma syrien, peu connu du public. Un hommage sera rendu à une grande figure du cinéma arabe, Omar Amiralay, décédé en 2011. Deux films égyptiens confirment la créativité et le renouveau de ce cinéma. Enfin, en écho au 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, découvrez le film culte du cinéma algérien, Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar Hamina, Palme d’Or au Festival de Cannes, en 1975.

Le programme :

-Balle perdue (G. Hachem), jeudi 12 avril 20h30

-Déluge au pays du Baas suivi de L’Homme aux semelles d’or (O. Amiralay), vendredi 13 avril 19h

-La Mosquée (D. Aoulad-Syad), samedi 14 avril 18h

-Chronique des années de braise (M. Lakhdar Hamina), samedi 14 avril 20h15

-Passion (M. Malas), dimanche 15 avril 14h30

-Always Brando (R. Behi), dimanche 15 avril 16h30

-Hawi (I. El-Batout), dimanche 15 avril 18h30

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